COMACO

Par , le 16 décembre 2015.

COMPLICE
Coalition pour le maintien dans la communauté (COMACO)

CONTEXTE
COMACO est un regroupement d’organismes communautaires pour aînés qui œuvrent à favoriser le maintien des aînés dans leur communauté. Lorsque nous nous sommes collectivement éveillés au phénomène du vieillissement collectif de la population, nous réfléchissions le vieillissement actif dans une perspective de soutien à domicile. Cette vision a toutefois quelques limites auxquelles le concept complémentaire de maintien dans la communauté vient répondre. Après tout, être soutenu à domicile ne suffit pas : un sain vieillissement signifie aussi de pouvoir participer socialement et ainsi continuer à prendre sa place dans la communauté.

À l’occasion de son assemblée générale annuelle, COMACO nous a invités à collaborer à l’élaboration d’une activité créative où ses membres pourraient porter une réflexion sur leur impact, autant individuel que collectif.

Intention de la rencontre

À travers des récits d’aînés, prendre conscience de l’évolution de nos pratiques et de nos impacts afin de réfléchir aux possibles de demain pour le maintien dans la communauté.

PROCESSUS
Au cours de nos rencontres préparatoires, nous avons beaucoup discuté du concept de maintien dans la communauté (MDC) et de l’importance de réfléchir au vieillissement actif dans cette perspective. C’est pour nous une des meilleures manières d’avoir un impact significatif et pérenne sur leur vie et sur la santé de leur communauté. Alors que nous partagions ensemble des exemples de projets intéressants et des histoires de succès, nous avons réalisé la puissance de ces histoires. Ces récits ne sont-ils pas la meilleure façon de prendre conscience de notre impact?

Avant d’amener les participants à imaginer les possibles de l’avenir, il était impératif pour nous de créer un moment où ils pourraient réfléchir à leur portée actuelle. Pour ce faire, nous avons misé sur le pouvoir des récits en invitant trois aînées à venir raconter leur expérience avec des organismes en MDC. Que leur apporte leur implication au sein de ces organismes? Quels facteurs soutiennent leur désir d’engagement? Par le biais d’un atelier de partage et récolte d’histoires, les participants ont su déceler beaucoup de richesses dans ces trois récits. En ayant le rôle de porter une attention particulière à divers aspects des récits (les petites victoires, les apprentissages, l’élément déclencheur, etc.), ils ont pu cibler plusieurs éléments susceptibles de favoriser la participation des aînés dans leur milieu. Suite à cet atelier, tout le groupe se sentait fortement dynamisé par la beauté des récits qui leur ont été livrés. Nous avons rarement l’occasion de mettre un frein au quotidien et d’avoir ce genre d’échange avec ceux pour qui et avec qui nos organismes travaillent. En fait… dans plusieurs organismes communautaires, les intervenants ne savent plus où donner de la tête, ni comment mettre la pédale douce…

Alors que nous avions prévu poursuivre la journée avec un atelier de pensée design, une conversation à propos de ce surmenage a émergé. Avec elle, une fatigue se faisait sentir dans le groupe. Suite à cela, inutile de préciser qu’un atelier de pensée design où il faut mettre des projets sur la table ne motivait pas tout le monde. En tant que facilitateur, que faire quand le groupe décroche du processus?

Sur le ton de la confidence…

On prend une respiration et on se rappelle son rôle. Celui du facilitateur est de prendre soin du moment qui nous rassemble, de cultiver l’intelligence collective du groupe et d’être sensible aux interactions individuelles et collectives. Le moment n’était donc pas venu de trouver un stratagème pour ramener le groupe vers le « bon » chemin, mais d’être à l’écoute du besoin exprimé. Écrit ainsi, cela peut paraître bien sage, toutefois, sur le moment, c’est l’humilité de ne pas prétendre que ce que l’on propose est LA piste à suivre qui m’a donné l’ouverture à être plus agile. Selon ma lecture du groupe, j’ai donc proposé deux ou trois options d’activité pour la suite afin que l’on accorde nos violons. Il a donc été entendu qu’il y avait une conversation à ouvrir autour du sujet de l’épuisement professionnel dans les organismes. Nous nous sommes donc déplacés afin de former un grand cercle et d’investir le sujet.

Suite à cet événement, nous gardons en tête le surmenage que plusieurs organismes ont pointé du doigt. Répondre collectivement à cette problématique complexe sera un travail de longue haleine pour tous. Quant à nous, nous réfléchissons quand même aux façons dont cela pourrait teinter nos prochains pas et demeurons attentifs aux opportunités. De plus, adopter le mode agile avec le groupe a été fort en apprentissages. Si nous sommes capables de nous réorganiser ensemble, c’est là que l’intelligence collective se manifeste. En développant notre aise à être agiles, on peut saisir davantage d’opportunités et explorer des terrains parfois non présagés. Pour cela, il ne faut pas oublier d’être « groundé » dans notre intention de départ. En innovation comme dans le quotidien, déroger du plan doit se faire dans la perspective de sonder une solution qui aura une meilleure résonance. Afin d’y arriver, il faut faire confiance à notre intuition et à celle de nos complices.

Pour terminer, comme ce fut le cas pour Trajectoire, nous espérons que cette journée aura permis de nombreux apprentissages pour les participants et les remercions d’avoir joué le jeu. Quant à l’équipe de COMACO, elle a su entendre les échos de l’épuisement de ses membres et, en réponse, organise l’évènement « Une journée pour ma santé au travail » le 20 janvier prochain.

Steeven Pedneault,
chargé de projet en innovation sociale