Participation sociale des aînés : des savoirs à l’action

Par , le 7 mai 2015.

COMPLICE
Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés (IVPSA-ULaval)

CONTEXTE
Il ne faut pas se le cacher, les secteurs de la recherche et de la pratique sont, dans plusieurs milieux, étrangers l’un pour l’autre. Campés dans leurs façons de faire, chercheurs et organismes communautaires ratent parfois des opportunités pour innover. Comment le chercheur peut-il sortir de sa position d’observateur et rendre son travail plus perméable à la collaboration avec le terrain? Inversement, comment le praticien peut se percevoir davantage comme partenaire que consommateur dans la construction des savoirs et ainsi valoriser son propre savoir expérientiel? Consciente de ces freins, l’équipe de l’IVPSA travaille à briser ces moules traditionnels. Avec le projet Participation sociale des aînés : des savoirs à l’action, des organismes et chercheurs ont été invités à développer une nouvelle pratique : la recherche-action participative. Tous ensemble, ils développent des outils et des protocoles afin de créer un cadre d’intervention et expérimentent également cette nouvelle posture sur des projets concrets.  En approchant la recherche de cette manière, elle devient davantage ancrée dans les réalités et les besoins du terrain. Il y a de meilleures chances pour que les praticiens s’approprient les outils ainsi développés.

Après plusieurs échanges avec l’IVPSA, nous en sommes venus à l’idée que les méthodes d’intelligence collective seraient des outils pertinents afin de soutenir ce rapprochement entre la recherche et le terrain dans le cadre des rencontres. Trajectoire a donc participé à l’élaboration de deux évènements planifiés dans le cadre du projet : un colloque de deux jours au congrès de l’ACFAS 2015 et les Chantiers sur la participation sociale des aînés, une école d’été de trois jours à la campagne.

Intentions des rencontres

Colloque de l’ACFAS

Créer un espace de partage et de co-construction des savoirs et d’émulation pour contribuer collectivement à la participation sociale des aînés et à l’émergence de pistes d’action et de recherches.

Chantiers sur la participation sociale des aînés

Donner un espace et un temps pour renforcer la synergie de l’équipe et se mettre en action pour développer de nouvelles recherches et de nouvelles pratiques sur la participation sociale.

PROCESSUS
Parmi les objectifs de notre collaboration, placer les participants en posture de co-construction était l’enjeu primordial. Pour les deux évènements, des conférences étaient prévues où certains participants venaient présenter des projets, des résultats de recherches ou bien des outils qu’ils ont développés. Afin de contrebalancer ces conférences, nous avions de l’espace de jeu pour réfléchir à des ateliers ponctuels et des dispositifs qui optimiseraient le partage des savoirs présentés.

Logiquement, nous avons commencé par faire l’inventaire des dites présentations. À l’aide de post-it, nous avons imaginé plusieurs séquences afin de trouver la meilleure répartition selon la complémentarité des présentations. Cela a ensuite permis d’imaginer une animation qui favoriserait la création d’un fil conducteur et l’optimisation des apprentissages. Pour nous aider dans cette tâche, nous avons utilisé l’outil des personas en créant, pour chacun des deux évènements, trois personnages fictifs qui représentaient, à nos yeux, les profils des participants. L’outil permet donc de demeurer attentifs aux besoins et aux envies de ces personnages pendant la conception du design de la journée. Bien que nous l’utilisons souvent dans le cadre de Trajectoire, cela s’est avéré d’une importance capitale dans ce contexte-ci. Dans l’intention de créer des ponts entre chercheurs et praticiens, nous devions jongler avec deux milieux qui sont traditionnellement très opposés. En se référant souvent à nos personas, nous avons pu réfléchir chaque segment des évènements pour qu’il mobilise nos deux extrêmes avec la même vigueur.

Au cours des évènements, nous avons pu porter une attention particulière à ces deux paradigmes en action. Nous pouvions comprendre l’impact bénéfique que la méthode à eu dans notre planification. Cependant, à quelques moments, la participation du groupe était inégale. Comme par hasard, c’était soit majoritairement des chercheurs, soit majoritairement des praticiens qui ne semblaient pas y trouver leur compte! Avions-nous été assez à l’écoute de nos personas?

De plus, comme ces deux camps sont bien conscients du fossé qui les sépare, nous avons poussé l’outil à un autre niveau. Avec une touche d’humour, lors des Chantiers, tous ont dû se présenter en mentionnant quel personnage les représentait le mieux. À la fin des trois jours, nous les avons invités à prendre conscience du chemin parcouru en exprimant s’ils avaient changé ou non de personnage ou s’ils souhaitaient tendre vers l’un d’eux à l’avenir.

Nul doute, tous se sont engagés dans la voie de la co-construction.